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Carillion : des enseignements clés pour les fournisseurs

La liquidation judiciaire du géant britannique de la construction Carillion fait la une des journaux depuis plusieurs semaines et ce, à juste titre. Si la valeur boursière de l'entreprise s'élevait encore à quelque 2 milliards de livres sterling en 2016, ses dettes atteignaient, selon certaines sources, 1 milliard de livres la veille de sa faillite, avec une trésorerie disponible de seulement 29 millions.
 
Les conséquences de cet effondrement seront durement ressenties par les plus de 20 000 salariés du groupe Carillion au Royaume-Uni, dont plus de 800 ont déjà été licenciés, ainsi que par la cohorte de PME menacées de ne percevoir qu'une infime partie de la rétribution qui leur était due au titre des services déjà fournis.
 
Au-delà de ce constat, quel peut être l'impact sur l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement du secteur de la construction ? Par ailleurs, quelles mesures doivent prendre les fonctions achats ayant recours à des entreprises comme Carillion pour s'assurer que des contrôles financiers adéquats soient mis en place dans leur base fournisseurs ?

Par ailleurs, quelles mesures doivent prendre les fonctions achats ayant recours à des entreprises comme Carillion pour s'assurer que des contrôles financiers adéquats soient mis en place dans leur base fournisseurs ?

Impact potentiel sur l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement

  • Segmentation accrue de la base fournisseurs : Il est possible qui nous assistions à une baisse du nombre de petites entreprises signant des contrats directs avec des grosses sociétés, dont elles pourraient se détourner au profit de plus grosses PME dans l'objectif de répartir leurs risques. Ce scénario pourrait aboutir à davantage de segmentation et de complexité au sein de la chaîne d'approvisionnement.
  • Augmentation des marges : La contre-publicité faite par Carillion pourrait, à moyen terme, aboutir à une augmentation des marges de ses concurrents. La clientèle pourrait en effet redouter que les marges ne continuent d'être tirées vers le bas, ce qui précipiterait un nouvel effondrement.
  • Augmentation des coûts : Les clients sont susceptibles d'exiger une meilleure assurance du respect des performances contractuelles, d'où une hausse des garanties de bonne exécution et du niveau auquel ces obligations sont fixées, le coût afférent étant ensuite reflété dans le prix total et répercuté sur le client.
  • Dissémination des activités : Une tendance plus récente manifestée par les clients consiste à combiner une multitude de services dans des groupes de travaux très denses, pour lesquels seuls de gros sous-traitants tels que Carillion ont la capacité de proposer des appels d'offres. Les clients pourraient désormais choisir de fragmenter le travail en plus petits lots, ce qui permettrait à davantage de PME de signer des contrats directs et de répartir ainsi les risques.

Renforcement des contrôles financiers

Durant le processus d'appel d'offres, la stabilité financière des répondants est souvent passée au crible par la fonction achats du client. Or, cette analyse est souvent fondée sur des données historiques qui, au vu des incertitudes économiques actuelles, offrent peu d'assurance quant à la viabilité future. Quelles mesures la fonction achats et l'entreprise du client au sens large pourraient-elles par conséquent prendre pour s'assurer que le contractant demeure financièrement stable pendant toute la durée du contrat ?
 
L'effondrement de Carillion doit servir d'avertissement aux clients, lesquels doivent passer en revue les modalités de collaboration avec leurs sous-traitants, en veillant à ce qu'une procédure d'audit adéquate les alerte plus tôt en cas de difficultés financières. Cette mesure peut prendre la forme d'un mécanisme contractuel permettant une analyse continue des comptes de gestion non publiés du prestataire tout au long de l'accord. Cette comptabilité serait de nature à offrir une visibilité beaucoup plus large de la santé financière de l'entreprise que celle qui figure dans le domaine public. Si des problèmes se profilent manifestement à l'horizon, la fonction achats doit pouvoir s'assurer de mettre en place des mécanismes appropriés pour faire appel à un nouveau prestataire.
 
Une autre approche consiste à s'assurer que les clients incluent un test de solvabilité supplémentaire visant à évaluer le ratio de trésorerie et les facilités bancaires au regard du passif courant du contractant. La valeur réelle du ratio produit est, dans une large mesure, peu pertinente. Ce qui importe, c'est de voir si le rapport se modifie de manière spectaculaire, par exemple de l'ordre 20 à 25 %. Une telle évolution peut en effet traduire une forte baisse de la trésorerie disponible ou une forte augmentation du passif à court terme de l'entreprise, autant de signes peu susceptibles d'être attractifs pour un client. Si un bilan trimestriel est disponible, le calcul est facile à effectuer, moyennant la confirmation des facilités engagées par le biais d'une lettre de l'établissement bancaire.

Durant le processus d'appel d'offres, la stabilité financière des répondants est souvent passée au crible par la fonction achats du client. Or, cette analyse est souvent fondée sur des données historiques qui, au vu des incertitudes économiques actuelles, offrent peu d'assurance quant à la viabilité future.

Parmi les autres mesures que les équipes achats du client doivent inclure ou envisager d'inclure dans les contrats, citons :

  • Des garanties de la société-mère (PCG), émanant de l'entreprise qui est à la tête du groupe.
  • Des garanties de bonne exécution, en cas d'indisponibilité des PCG.
  • Des clauses de responsabilité solidaire, si le modèle de livraison repose sur une joint-venture. Cette disposition permet, en cas de défaillance de l'une des parties de la société en participation, d'assurer que celles-ci sont conjointement et solidairement responsables et tenues de garantir la prestation du contrat et des services.
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